Vendredi 20 octobre 2006 5 20 /10 /Oct /2006 05:04

Dernier périple en Chine, dans un endroit qui pourtant n’a (presque) rien de la Chine. Serait-ce pour me ménager une transition plus en douceur en amorçant un premier retour vers l’Ouest ?

Je suis donc depuis hier à des milliers de km à l’ouest de Pékin, dans la province autonome du Xinjiang (qui appartient a la Chine seulement depuis 1955). Dépaysement total, visages incroyables et paysages de désert a perte de vue. Je suis arrivée hier à Turpan, à l’ouest d’Urumqi la capitale régionale. Turpan est le point le plus bas au monde après la mer morte et surtout un des endroits le plus chaud de la Chine. Tellement étrange de dormir fenêtre ouverte après des mois a me geler à Pékin. Turpan est posée au milieu d’une grande oasis de vignes et de mûriers qui est elle même au milieu d’un immense désert de pierres rouges et de sables, un petit havre de verdure au milieu de nulle part. Ses alentours sont parsemés des ruines des anciennes cites qui marquaient les étapes de la route de la soie. Mais en dehors des paysages fascinants d’immensité désertique, ce qui me fascine le plus est sans doute ce mélange de cultures. A Turpan la moitié de la population est ouighoure, l’ethnie native du Xinjiang, l’autre moitie étant Han, c’est a dire l’ethnie majoritaire en Chine. La religion dominante étant l’islam, c’est toute la culture du monde arabe qui a pénétré les lieux. L’écriture est arabe, mais aussi la nourriture, les façons d’être, ces femmes au yeux soulignes de khôl qui semblent sorties d’un conte des milles et une nuits avec leurs voiles chatoyants, les villes aussi avec ces places ou les gens se ressemblent a la nuit tombée pour éviter la chaleur et manger des brochettes. Et puis ces mosquées a chaque coin d’oasis. A chaque détour on en vient a se demander ou on se trouve vraiment. En Chine, en Asie, au Maghreb, ou dans un espace interlope qui déconcerte parce qu’il ne ressemble a rien de ce qu’on avait connu auparavant.
Déconcertant aussi cette schizophrénie entre « l’heure de Pékin » et « l’heure du Xinjiang » (2h de différence mais toute la Chine doit respecter l’heure de la capitale même si cela est tout a fait absurde !) qui fait que tout le monde se couche a 2h du matin heure de Pékin (minuit heure du Xinjiang) et ne se lève jamais avant 10h (8 heure, heure d'ici) !

J’attends d’en avoir vu un peu plus...


P.s : désolé, pas d'accent dans les cafés Internet de Turpan.

Par Xiao Zhu - Publié dans : beijingstories2004-2005
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Vendredi 20 octobre 2006 5 20 /10 /Oct /2006 05:03

Depuis samedi dernier les vacances du 1er Mai ont commencé en Chine, et dureront une semaine. L’occasion pour des milliers de Chinois de retrouver leur famille ou bien de partir en vadrouille à travers le pays (d’ailleurs pas la peine d’essayer de trouver un billet de train de dernière minute!), le plus souvent en voyage organisé avec casquettes, et guides collés au mégaphone. Tout le monde en profite d’autant plus que la prochaine semaine de vacances ne sera qu’en octobre, au moment de la fête nationale du 1er octobre. Les Chinois ont en effet trois semaines de « congés officiels » : la semaine du Nouvel An Chinois, celle du 1er Mai et celle de la Fête Nationale.
Toujour
s est-il que pour moi, restée au travail à Pékin en cette période de vacances, c’est un vrai bonheur, pas une voiture dans la rue, un calme rare et un bureau sans aucun coup de fil. On se croirait à Paris en plein mois d'août. Ca va me manquer quand tout le monde sera de retour lundi prochain!

Photo : Vacances, l'école est finie mais Lénine et Mao veillent ! (photo prise dans une école de Pingyao)

Par Xiao Zhu - Publié dans : beijingstories2004-2005
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Vendredi 20 octobre 2006 5 20 /10 /Oct /2006 05:02

Tourbillon de voyages, de sorties, dernières tentatives de faire progresser mon niveau de chinois : mon départ approche et je ne sais plus où donner de la tête.
Je reviens donc après de longues absences qui m’ont un peu coupé de mon blog. Le Fujian, Shanghai, Suzhou, Xi’An, Pingyao, autant de découvertes des multiples facettes de cet immense pays. Plein de choses sur lesquelles j’aimerais écrire pourtant…

Tout d’abord le différend Chine-Japon dont tout le monde a du entendre parler.
Nous avons été mis au courant des premiers incidents dans les villes chinoises par un coup de fil de l’étranger. Ici pendant une semaine les journaux ont gardé le silence, le temps de digérer l’information. Alors que les manifestations avaient lieu on parlait de tout sauf de ça. Et puis il a commencé à en être question dans la presse, mais toujours avec un discours anti-japonais notable.
La haine des Chinois envers les Japonais c’est en fait quelque chose qui semble être inscrit en eux ; ici ça semble tomber sous le sens qu’on n’aime pas trop les Japonais, même pas besoin de poser la question. Il faut dire que malgré les vœux gouvernementaux de réconciliation, au niveau de la population tout est fait pour entretenir la rancœur. Je me souviens encore d’un voyage en bus de nuit dans le Yunnan où on nous a passé un film relatant la guerre opposant les méchants Japonais et les héroïques soldats communistes Chinois. Et avec des méchants vraiment très méchants, des scènes de tortures de valeureux Chinois et des Japonais cruels comme personne. Et bien sur à chaque fois qu’un Japonais mourrait les murmures d’approbation de tous les passagers. Voilà comment on travaille à la réconciliation entre deux pays… A peine une semaine avant les manifestations, alors que les polémiques sur le livre d’histoire, les disputes sur les Iles entre Corée et Japon ou encore les femmes de confort, gonflaient de plus belle nous essayions encore de mettre en place, avec une université chinoise, un séminaire sur le thème de la réconciliation Chine-Japon. On nous avait gentiment envoyé promener en nous expliquant qu’en ce moment le thème était sensible et qu’il était mieux de songer à autre chose. Une semaine après les manifs éclataient. Les excuses de Koizumi, le Premier Ministre Japonais, semblent avoir calmé les esprits, mais pour combien de temps ?

Autre chose, sans grand rapport, ma visite au mausolée de Mao il y a trois semaines. Pèlerinage incontournable, je ne voulais pas quitter Pékin sans y être passée. J’avais déjà "raté" Lénine a Moscou (mausolée fermé pour cause de décomposition semble t-il !), je ne raterais pas le Grand Timonier.
Tout commence, comme un peu partout en Chine, par…une file d’attente immense qui fait tout le tour du gigantesque mausolée trônant au milieu de Tian An Men, la plus grande place du monde. Après avoir tourné pendant une demie heure autour du mausolée afin de trouver le début de la queue, on nous range par ligne de 4 (tout juste s’il ne faut pas se prendre la main comme à la maternelle). Je me retrouvé à côté de toute une famille chinoise qui visiblement débarque à Pékin pour la première fois de leur vie. Les touristes chinois forment le plus gros bataillon des visiteurs : écoliers en uniformes mais surtout des milliers de campagnards un peu paumés et très impatients. Les quelques laowai au long nez sont une infime minorité. Nous avançons assez vite (tant la visite se fait au pas de courses) et après avoir fait la queue sous bonne garde (pour que personne ne triche) nous arrivons enfin dans l’enceinte du mausolée. La visite est gratuite mais l’achat ou plutôt la location de fleurs en papier à 2 yuans pour rendre hommage au grand leader est fortement recommandée, de même que celle de la petite brochure ornée d’une photo de Mao qui "vivra toujours dans nos cœurs" (dixit la brochure). Alors que nous pénétrons dans le bâtiment, on nous sépare en deux files. La première salle est un grand hall triste (en même temps on est dans un mausolée !) avec une statue blanche du leader en majesté sur son siège de pouvoir. On tourne autour de la statue, on dépose sa gerbe de fleurs en papier (mais sans traîner) et on arrive dans la deuxième salle, celle de la dépouille, plongée dans une semi-obscurité. Mao est étendu là, protégé par deux barrières de verre qui empêchent de s’approcher. Ici non plus pas le temps de traîner, on aperçoit de loin un petit bonhomme au visage tout jaune sans pouvoir se rendre bien compte si c’est une réplique en cire ou pas. Et immédiatement, sans avoir même le temps de jeter un dernier coup d’œil, on est éjecté par ceux qui poussent derrière et arrivons dans l’arrière chambre du mausolée. Des deux côtés des musées à la gloire des grands dirigeants (mais pas la peine de penser y entrer si on n’a pas acheté son billet a la cahute du marchands de fleurs en papier) et la grande boutique à souvenir du "MAOsaulée". Médailles, posters, horloges, médailles et même cravates, le mauvais goût le dispute à la laideur dans ce bric-à-brac maoïste et, à mesure que l’on descend les marches du mausolée, des stands qui vendent aussi bien des coiffes mandchoues roses fluos que des avions en plastique : l’âme du capital a pénétré le mausolée, le vers est dans le fruit ! Et vive le grand leader !

Enfin dernière chose, dernier flash dirons nous parmi ces trois chroniques pékinoises sans grandes cohérences, mon voyage à Pingyao, au sud de la province minière du Shanxi, il y’a deux semaines. Pingyao est une très jolie ville touristique, mais dont les murailles et les musées ne suffisent pas à occulter la misère qui est le lot de la plupart de ces provinces du Nord-Ouest. Ce qui m’a particulièrement surprise c’est la présence de deux églises où les fidèles se pressent. Intriguée j’ai pu discuter avec plusieurs chrétiens catholiques ou évangélistes. Ils m’ont parlé du pape, bien entendu, mais aussi du fait que les chrétiens soient de plus en plus nombreux dans la ville et qu’ils doivent parfois se réunir dans des églises clandestines. Dans l’entrée de chaque église "officielle" les règles du gouvernement sont placardées afin que personne ne les ignore, stipulant que ces « réunions » un peu particulières peuvent être dissoutes à tout moment. Une activité religieuse tout juste tolérée donc. Reste que dans ce pays soi disant communiste ce "retour du religieux" m’a un peu déconcerté, la religion serait-elle une forme de protestation déguisée?

Photo 1 : File d'attente devant le "Maosaulée"
Photo 2 : Eglise à Pingyao

Par Xiao Zhu - Publié dans : beijingstories2004-2005
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Vendredi 20 octobre 2006 5 20 /10 /Oct /2006 05:01
Par Xiao Zhu - Publié dans : beijingstories2004-2005
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Vendredi 20 octobre 2006 5 20 /10 /Oct /2006 04:59

Ca y est, ils l’ont fait ! Mais quoi ? Réponse en deux temps...


Tout d’abord information capitale, on l’attendait, on le savait tous mais ça fait toujours mal : ils nous ont coupé le chauffage ! En me réveillant ce matin j’avais le bout du nez froid malgré mes deux couettes, mon pyjama polaire et ma bouillotte de grand-mère. J’ai tout de suite su que le jour tant redouté était arrivé. Fini la trêve hivernale, les réveils au chaud, c’est le printemps et c’est le Parti qui l’a décrété. A Pékin le camarade chauffagiste a donc sévit et a coupé les vannes de ce chauffage synonyme d’ostentation bourgeoise. Certes il y a encore deux catégories de chanceux : les « en sursis », qui en ont encore pour une semaine (les appartements un peu plus neufs) et les privilégiés (qui vivent en général dans des appartements flambants neufs ou dans des résidences de luxe pour expatriés friqués) qui eux ont un chauffage individuel, réglable selon ses envies, le luxe absolu. Enfin toujours est-il que pour nous autres pauvres habitants des hutongs soumis aux règles collectives du chauffage central municipal c’est fini !

Mais ILS ont fait quelque chose d’autre, et peut être quelque chose d’un peu plus grave que la coupure de chauffage : ILS ont adopté la loi anti-sécession sur Taiwan. Ici ça fait deux semaines qu’on ne parle plus que de ça. A la télévision c’est tous les soirs le même branle bas de combat. Ca n’émeut pas vraiment le peuple mais ça fait parler les médias et s’agiter les chancelleries diplomatiques.
Depuis 1949, l'île de Taïwan, qui compte 23 millions d'habitants, jouit d'une indépendance de fait malgré l'absence de reconnaissance officielle de l'ensemble de la communauté internationale. Mais Pékin n'a jamais renoncé à reprendre l'île, considérée comme une province rebelle. Du côté de Taipei le président taïwanais Chen Shui-bian a, à plusieurs reprises, promis de rédiger une nouvelle Constitution en organisant un référendum sur Taïwan en 2006 qui pourrait, in fine, conduire l’île à déclarer son indépendance. Or la Chine est déterminée à rattacher l'île nationaliste de Taïwan au continent, y compris par la voie militaire si nécessaire. C’est pourquoi lundi 14 mars, l’Assemblée populaire nationale (APN) chinoise (dont je vous parlais dans le précédent billet) a adopté à la quasi-unanimité une loi antisécession. Le texte, approuvé par 2 896 députés sur 2 898 (vive la démocratie !), autorise le recours à la force militaire si Taïwan décidait de déclarer formellement son indépendance.
A en croire le Renmin Ribao ("Le quotidien du peuple") de Pékin, l’initiative a reçu "un large soutien populaire". "Les députés de l’APN, dont beaucoup affichaient un sourire rayonnant, ont applaudi pendant près de une minute après l’annonce des résultats du vote. L’événement a été retransmis en direct dans tout le pays par la télévision d’Etat, la radio et les grands sites d’information sur Internet", raconte le quotidien officiel du régime. Quant à la population, c’est avec "délice et excitation" qu’elle a accueilli la nouvelle, poursuit-il. Mouais, je n’ai pas franchement vu de tel sentiment sur la face de mon réparateur de vélo mais admettons.
Peu après le vote, le Premier ministre chinois, Wen Jiabao s’est défendu de soutenir une loi qui serait "un ordre de mobilisation militaire". "La loi antisécession vise à renforcer et à faire évoluer les relations de chaque côté du détroit de Taïwan. Elle a pour objectif de maintenir la paix, d’encourager et de faciliter la coopération économique" entre Taïwan et la Chine, a-t-il déclaré. Cependant Wang Zhaoguo, vice-président de la Commission permanente de l’APN, a expliqué à quel point il était devenu "nécessaire et opportun" de légiférer sur Taïwan : " face à des autorités taïwanaises qui essaient d’utiliser des moyens prétendument 'constitutionnels' ou 'légaux', comme le 'référendum', pour donner un vernis prétendument 'légal' à leur entreprise sécessionniste. Taïwan et le continent appartiennent à une seule et même Chine." Ca a le mérite d’être clair.
A Taïwan on craint un retour à une rhétorique antichinoise populiste après plusieurs mois de modération. Ceci pourrait rapidement réduire à néant les progrès enregistrés dans les relations même si pour certains la loi est presque une chance à saisir, en permettant "de distinguer la démocratie taïwanaise, guidée par la paix, d’une Chine tournée vers l’armée" et qui "menace la paix et la stabilité régionale". Taïwan se dresserait ainsi en victime et porte drapeau des valeurs universelles de paix et de démocratie, moyen le plus efficace de gagner le soutien international. Gagner le soutien international certes, mais pas vraiment une évolution vers la paix.
Quant à l’avis de l’étranger « vu d’ici », si on croit les informations officielles, tout le monde est d’accord et trouve la loi merveilleuse! Effectivement la Chine a entrepris suffisamment d’efforts diplomatiques (par exemple aller faire un tour du côté des pays africains les plus pauvres ou des petites îles dont personnes n’entend jamais parler, leur promettre de supers équipement en échange de leur adhésion à leur politique « d’une seule Chine ») pour pouvoir voir se rallier un petit groupe de fidèles. Et donc on interroge les diplomates des pays achetés par la Chine ou trop dépendants pour pouvoir s’y opposer ou encore trop coupables pour pouvoir lui reprocher quelque chose (par exemple la Russie qui aurait du mal à reprocher quoi que ce soit à qui que ce soit et qui donc, forcement, soutient la loi sur Taïwan) et tous d’affirmer en chœur que cette loi est un grand pas pour la paix (sic). Quant à ceux qui ne sont pas d’accord, ils n’ont qu’à se mêler de leurs affaires car comme l’a dit le camarade Wen Jiabao « tout ceci est une affaire interne » En clair c’est une affaire internationale si vous êtes d’accord mais interne si des avis différents sont émis.
Entre dégels et tensions, les relations entre Taiwan et “le continent” (terme utilisé par les médias chinois, car utiliser le mot Chine serait reconnaître que Taiwan n’est pas la Chine) sont ici un feuilleton national qui nous a déjà fait vibrer au moment du Nouvel An Chinois (au moment où on a exceptionnellement autorisé des vols directs entre Taipei et la mère patrie) et dont la loi anti-sécession n’est qu’un des actes.
Taïwan est-elle la Chine ? Et les Taiwanais ont-ils envie d’être la Chine ? En ayant discuté avec un taiwanais je m’attendais à écouter un plaidoyer pour l’indépendance mais au lieu de cela je m’étais vu répondre que la question ne se posait même pas tant Taiwan était inévitablement chinois. Et de fait la culture, mais aussi les liens économiques, familiaux et sentimentaux maintiennent les deux pays plus liés qu’aucune loi anti-sécession. Un article du Courrier International titrait très justement, « Un partenaire ne fait pas sécession ». En fait cette loi n’est qu’une absurdité dans la mesure où, en plaçant les deux parties dans une situation d’adversaires déclarés, elle ne fait que crisper les sensibilités « des deux côtés du détroit » (pour utiliser une autre paraphrase à la sauce chinoise) et ressemble à un coup de canif nuisant à des liens déjà existants qui étaient pourtant la meilleure garantie d’une réunification. Mon interlocuteur prédisait, en bon taiwanais, qu’en Chine le capitalisme triompherait et qu’avec lui la démocratie (conclusion un peu rapide, j'en conviens mais je ne fais que retranscrire ses propos). A ce moment là la rupture avec Taïwan n’aurait plus de raison d’être et les deux rives du détroit (autre euphémisme) se rejoindraient tout naturellement, mais qu’une guerre était inenvisageable tant il y avait à perdre pour les deux parties. Cette loi et les missiles pointés sur Taïwan ressemblent davantage à un revolver que l’on pointerait en direction de son propre pied qu’à une réponse véritable au feuilleton préféré des Chinois. Mais la Chine n’en est pas à une incohérence près.

Par Xiao Zhu - Publié dans : beijingstories2004-2005
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Calendrier

Mai 2012
L M M J V S D
  1 2 3 4 5 6
7 8 9 10 11 12 13
14 15 16 17 18 19 20
21 22 23 24 25 26 27
28 29 30 31      
<< < > >>

Recherche

Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus